Mon Île

    (Antoine Desideri)

 

    Mon île, c'est le grand cri de joie d'y naître et d'y vivre,

                    Et le doigt de l'enfant la montrant dans le livre.

    Mon île, c'est le départ amer pour des yours triomphants,

                    Et le retour joyeux sur les sentiers d'antan.

    Mon île, c'est la vieille maison, le four, le cimetière,

                    Le moulin, le maquis et chaque tas de pierres.

    Mon île, c'est une main tendue que l'on prend et qu'on serre,

                    Le vin de l'amitié bu dans le même verre.

    Mon île, c'est la clé suspendre ouvrant toutes les portes,

                    Le pain sur chaque table offert avant qu'on sorte.

    Mon île, c'est ce qu'on sait, qu'on dit et qu'on murmure,

                    Dans le coffre secret que l'on ferme et qu'on mure.

    Mon île, c'est un parent lointain ou un ami qui souffre,

                    Que l'on va secourir s'il est au bord du gouffre.

    Mon île, c'est un pauvre vieillard, une femme, un enfant,

                    Qu'on prend dans sa faiblesse et qu'on libère grand.

    Mon île, c'est une belle langue, un habit, des usages,

                    Une Histoire, un destin, et parfois un mirrage.

    Mon île, c'est la femme choisie qu'on presse de ses pas,

                    Qu'on courtise et qu'on aime et que l'on ne prend pas.

                                                                                     

                                                                ***   

       

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